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François Hollande aux députés sénégalais : «Note amitié est fondée sur notre histoire, belle, cruelle, rebelle»
El hadji Ndiagana MBAYE | Samedi 13 Octobre 2012



Face aux députés sénégalais, hier à l’hémicycle, le Président Français, de manière subtile, a effacé le discours que son prédécesseur a tenu à l’Ucad, arguant, en substance, que « le noir est entré très tard dans l’histoire ». Dans un discours de rupture, Hollande qui commence par Dakar, son premier déplacement en Afrique, depuis l’élection qui l’a porté à la Présidence de la République française, a laissé entendre que ce choix est celui de l’amitié, mais aussi et surtout, de l’avenir.
Car, le Sénégal et la France sont liés par une histoire qui leur lègue une langue en partage, mais aussi, une culture politique en commun.

François Hollande aux députés sénégalais : «Note amitié est fondée sur notre histoire, belle, cruelle, rebelle»
«Je pense, en cet instant, à Blaise Diagne et à ses successeurs, qui ont activement participé aux travaux du Parlement français, après la guerre. Je pense à Léopold Sédar Senghor qui fit partie du Comité chargé d’élaborer la Constitution de la Vème République. L’histoire d’une fraternité, aussi. Celle de combats menés ensemble», déclare Hollande, avant de convoquer l’histoire : « la France se souvient qu’en 1914 et en 1940, elle a pu compter sur le concours de nombreux Sénégalais, enrôlés de gré ou de force, sous le drapeau tricolore et dont le courage a permis à la France d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Par deux fois, au cours du siècle dernier, le sang africain a été versé pour la liberté du monde. Nous ne l’oublierons jamais. Cette histoire a aussi sa part d’ombre. Comme toute Nation, la France se grandit, lorsqu’elle porte un regard lucide sur son passé. A la maison des esclaves, qui fait face à l’Océan Atlantique, je ne m’inclinerai pas seulement devant l’histoire : je m’engagerai pour la défense de la dignité humaine. La part d’ombre de notre histoire, c’est aussi la répression sanglante qui, en 1944, au camp de Thiaroye, provoqua la mort de 35 soldats africains qui s’étaient battus pour la France. J’ai décidé de donner au Sénégal toutes les archives dont la France dispose sur ce drame, afin qu’il puisse les exposer au mémorial sur Thiaroye ». Selon François Hollande, la meilleure raison de sa présence est qu’il veut parler de l’avenir et d’une valeur universelle : la démocratie. « Le Sénégal est un exemple pour l’Afrique. Les trois premiers présidents sénégalais ont su, dans leur diversité, transmettre tous le flambeau à leur successeur, permettant à votre pays de réussir des alternances sans déchirement. Mieux, votre Assemblée nationale, devant laquelle je m’exprime, est l’une des seules du continent à avoir exercé la totalité de ses droits, sans interruption, depuis l’indépendance », magnifiera-t-il. Aussi, de manière subtile, le Président Français efface-t-il le discours de Sarkozy tenu à l’Ucad. « Je ne suis pas venu en Afrique pour imposer un exemple, ni pour délivrer des leçons de morale. Je considère les Africains comme des partenaires et des amis. L’amitié crée des devoirs : le premier d’entre eux est la sincérité. Nous devons nous parler librement. Nous devons tout nous dire, sans ingérence, mais avec exigence. La démocratie vaut pour elle-même. Mais, elle vaut aussi pour ce qu’elle permet. Il n’y a pas de vrai développement économique ni de vrai progrès social, sans pluralisme. J’ai une conviction profonde : si l’Afrique, berceau de l’humanité, parvient à faire vivre pleinement la démocratie, partout et pour tous, si elle réussit à surmonter les démons de la division, alors, elle sera le continent où se jouera l’avenir de la planète », estimera M. Hollande, selon qui, le défi des africains, c’est de renforcer la place du continent noir dans la mondialisation, de lui donner une finalité plus humaine, d’y prendre la place qui doit être la leur, d’assumer une nouvelle responsabilité. Convaincu qu’«aucun enjeu planétaire ne pourra être traité sans l’Afrique», le Président français laissera entendre : « toutes les réponses essentielles passent déjà par votre continent : l’économie, les matières premières, l’environnement, l’énergie, la gouvernance mondiale. Dans toutes les négociations internationales sur ces sujets, la France et, au-delà l’Union Européenne, et l’Afrique partagent la même vision de l’avenir. Dans ces négociations, vous êtes notre premier partenaire. Nous sommes votre premier allié. Et notre devoir, c’est de vous accompagner dans les domaines d’avenir : l’agroalimentaire, les télécommunications, les services financiers…». Pour finir, il assurera que c’est vers cette Afrique de demain qu’il regarde en venant au Sénégal. « Le changement viendra d’abord et avant tout des peuples. L’Afrique est en marche et les Africains ont pris leur destin en main et ce mouvement ne s’arrêtera pas », saluera-t-il.
Sékou Dianko DIATTA
REWMI QUOTIDIEN

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