Préparatifs de l’Aïd El Fitr à Kédougou : Entre mois creux et cherté de la vie.
El hadji Ndiagana MBAYE | Samedi 18 Août 2012
Après un mois béni de Ramadan bien respecté par la Ouma Islamique, l’heure est aux préparatifs de la Korité à Kédougou. Ainsi, à quelques jours de la célébration de l’Aïd El Fitr, les habitants de la cité collinaire s’affairent aux derniers réglages. Cependant le seul hic, est que la cérémonie de cette année se déroulera dans un contexte particulier, avec la cherté des denrées de première nécessité et un mois creux, sans argent. Reportage
Dans les salons des chaumières, dans les ateliers de couture, au niveau des Grand-Place, Kédougou vit au rythme des préparatifs de la fête de l’Aïd El Fitr, communément appelée, Korité. Cependant un seul hic car, la célébration de la Korité de cette année coïncide avec une période des vaches maigres, tombant en plein milieu du mois d’Août. Si les parents peuvent se passer d’habits neufs, les enfants, quant à eux, ne peuvent pas comprendre cela. Lamine Sonko, confie que pour cette Korité, il va redoubler : « entendez par là que porter mes anciens habits bien amidonnés et soigneusement repassés par madame, pour aller à la prière car, les temps sont durs », a-t-il précisé. Quant à Mme le Maire Khadidiatou Danfakha alias Moumini, très préoccupée par la mise correcte de ses enfants, elle soutiendra que malgré la situation, les parents sont tenus de procurer des habits neufs aux enfants pour cette importante fête. Un tour dans les ateliers de couture fait constater une véritable course effrénée des tailleurs qui ne veulent pas décevoir leurs clients qui les surveillent comme du lait sur le feu, de peur d’être faussés, à la dernière minute. Maître tailleur au marché central de Kédougou, le jeune Ousmane dit avoir pris l’engagement de respecter sa parole, afin de maintenir sa clientèle pour d’autres événements. Chez les commerçants, malgré un mois creux qui semble être le plus long de l’année, on se frotte les mains surtout les vendeurs de denrées alimentaires. Cependant, le panier de la ménagère risque d’en pâtir car, à Kédougou, la baisse annoncée des prix des denrées de première nécessité n’est pas effective, partout. Le prix de l’huile par exemple n’a connu aucune baisse. « Le litre d’huile coûte 1200 F, le Kg de pomme de terre à 600 F et celui de l’oignon à 500 F », se plaint Kadidia Kanté, déterminée à préparer un plat copieux pour sa famille.
Papis Niambaly Barro
REWMI QUOTIDIEN
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